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06/2010-Plus
loin que le tour de piste :
Ballade
Montpellier-La rochelle


Go to La Rochelle,
A force de faire le trajet en
voiture, comme un rampant sur l’autoroute, je l’avais rêvé cette nav’
entre La Rochelle et Montpellier.
Six heures de bagnole, concentré
sur les malades en BM et les camions imbus de leur immensité (…’pas de
clin d’œil ..!), à comparer avec les deux petites heures et des pouces
de bonheur entre ciel et terre, loin des radars capricieux et si prés de
l’azur, était le projet simple que je voulais partager depuis fort
longtemps.
Hervé me bassinait depuis pas
mal de temps et puis l’occasion s’est présenté. Du kéro dans le
tracteur, des piles dans Navi et Garmin, un slip, une brosse à dents,
les cartes, le log, tout ça dans le même sac et …. «Go to La Rochelle»…. Et puis soyons honnête, j’avais envie de leur montrer à ces deux
méditerranéens pur jus que sont Hervé et Jean Marie qu’à La
Rochelle, non seulement il fait beau, non seulement ce n’est
pas la Bretagne mais qu’en plus, le vent y souffle chaleureusement dès
que Xinthia est parti et que la lumière sur les parcs à huîtres
enveloppe la terre et la mer dans une même douceur parfumée. Bon je
m’égare, désolé, c’est mon pays…
Au départ de Montpellier,
Hervé se met au manche. Direction Périgueux, via
Travers Rodez, Figeac. Cap 310, P
comme Portugal donc Pair donc niveau 65. Je fais la remarque que le
compas est joueur voire mutin. Tourne dans un sens, puis dans un autre
bref, il ne s’embarrasse pas trop de la précision … « hum! hum!... »
font mes deux compères. Certes, trois GPS sont en activité à bord; je ne
pense pas que l’on va se perdre mais bon, j’ai ma déontologie alors le
log de nav’, les VAC, la carte correctement pliée, l’utilisation du VOR,
le cap et la montre. Je sens bien qu’autour de moi, sans me
désapprouver, il y a comme une ironie qui flotte.
Périgueux est
là. Une concentration d’avion sur le tarmac. « C’est tous les jours ?..
» que je demande naïvement à l’aéroclub. « Non, non, c’est un rendez
vous Orbifly ». Un superbe DC 3 au parking; on s’approche, on
commente, on déconne bref il fait bon, il fait beau, y’a des avions
partout et en plus on va se remettre en l’air…. T’en veux d’autre des
moments comme ça ? Je
prends les manettes. Direction Royan. Rejoindre la
côtière de l’embouchure de la Gironde à l’île de Ré.
Bien au loin, je le reconnais mon pays avec ce morceau de mer qui
s’enfonce dans les terres et qui fait que le Saint-Emilion
est si bon. Terre de Guyenne, gardé si jalousement pendant des siècles
par les anglais. Royan, la forêt de la Coubre, l’embouchure de la
Seudre, Marennes- Oléron, ça rime avec
Muscadet, huîtres, moules, 4500 ft QNH, soleil qui se pose lascivement
sur son horizon maritime, tout cet univers, c’est le même moment.
Le soir même, chez moi, un feu d’artifice musical
magnifiquement orchestré est lancé de la plage. « Jean-Marie, Hervé…
sincèrement, avouez, on sait pas recevoir à La Rochelle..? ».
Je ne rentrerai pas dans les
détails de ce temps très court que je passe chez moi, entre cet avion
qui se pose sur la 27 à La Rochelle et ce même avion qui redécolle pour
s’enfuir au Cap 170 quelques heures plus tard. Le temps de voir
rapidement les miens comme ces éclairs de feux d’artifice qui,
symboliquement, ont explosés dans la nuit.
On rejoindra Libourne sans pouvoir
s’y poser (Merci le SIV Aquitaine pour le Notam non consulté, mea
culpa…. ) puis Sainte Foie la Grande avec son splendide
terrain en herbe entouré de vignes mais on ne fera pas de publicité au
restaurateur de la plateforme qui nous a reçu comme des oiseaux dans une
hélice à plein régime. Hervé ne mangera pas ce midi, je sais que la
Révolution est proche…
Jean Marie s’installe aux commandes et alors
là...Chapeau bas ! Si tous les conducteurs de TGV ont la même rigueur
que lui, Air France n’a plus à s’embarrasser de son dispositif de
recrutement; qu’il collabore directement avec la SNCF…! L’instructeur
est admiratif; le bon contact au bon moment, les bons gestes, les bonnes
checks, rien au hasard.
Travers Saint Afrique,
sans se concerter, nous plierons nos cartes, éteindrons nos GPS et nous
irons flirter avec ce qui fait la majesté de ce pays. Ses reliefs
merveilleux qui déploient ses gorges et ses combes comme une amante
trompée tout en te murmurant... « je ne suis pas aussi vaste que les
terres de l’océan mais mon corps est aussi généreux ….. ».
Suis-je d’ici ou de là bas ? Je ne sais plus…...
Volez, volez loin… Toutes
les diapositives du monde ne remplaceront pas ces moments vécus….
Pascal - Aéroclub de Montpellier
Ndlr : - Tout comme
Jean-Marie, Hervé pilote aussi à
la perfection, même si Pascal ne le dis pas ... -)) - Laissez tomber
le restaurant de Saint Foie La Grande, c'est plus sympa n'importe ou
ailleurs. - Oui, oui, il arrive que parfois, certains ne consultent
pas les Notams de la route prévue, même parmi les grands. Pensée émue
pour tous les élèves qui un jour ont été surpris par la question de leur
instructeur : "Vous avez les Notams ?". Ceci dit, ce petit déroutement
avec trois pilotes et autant de GPS, nous a pris au moins 15 minutes de
préparation. Parce que, et ce n'est pas marqué dans les manuels de
formations, le plus important dans un déroutement pour cause de piste
fermée, reste la terrible question : On va manger ou ???? - Pourquoi
une pause à Périgueux ? Réponse ce vendredi autour du comptoir
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