Ils l'ont fait !
Profitant de cette belle journée du 27 Août 2004, ils l'ont fait
...
Pourtant la batterie était à plat et Charlie Roméo semblait
vouloir prétendre à des vacances ... Peine perdue ... ils l'ont fait ...
Ils ont transpiré pour m'aider à le sortir du hangar et se sont
escrimés à le remettre en route. Ce matin il n'avait rien voulu entendre. Il faisait la
gueule. Il avait pas envie ! Mais eux, ils n'ont rien respecté. Ni son âge, ni les
milliers d'heures de service actif. Fallait qu'il tourne, comme si l'avenir de la planète
entière en dépendait. Ca ratatouillait, ça pétaradait, bref ... ça ne partait pas.
Peu importe ... Ils ont recommencé jusqu'à ce que !!! Jusqu'à ce que ce bon
Charlie Roméo ait pitié d'eux. Car on ne m'enlèvera pas de l'idée que c'est lui et lui
seul qui en a décidé. Il a toussé un peu, puis beaucoup, jusqu'à la quinte. Et là, il
s'est rendu.
Bon, c'est vrai que je l'encourageai, lui grattant un peu le
ventre, lui flattant les ailerons, allant jusqu'à lui titiller la prise de Pitot. Je
crois que c'est ça qu'il a aimé ... la prise de Pitot... J'avais bien tenté auparavant
de lui remuer un peu la queue de gauche à droite mais rien à faire : elle était plus
raide que celle d'un pendu. J'ai compris qu'il ne fallait pas insister. Par contre, la
prise de Pitot ... Charlie Roméo est donc Pitotridien !!! Alors il a vrombi de
joie.
Il nous a embarqué, Walter et moi, pour 4 tours de piste. 12 kt de
travers histoire de rire un peu et d'entraîner son prétendant au décrabage. Il volait
tellement bien que Walter s'est dit qu'il était inutile qu'il continue à le surveiller
lui-même. Il m'a alors confié la tâche. Il avait mieux à faire au hangar. Charlie
Roméo m'a embarqué tout seul pour un immense voyage de 35 minutes ! On est allé, lui et
moi, jusqu'au bout du monde en se permettant de se poser 3 fois. Des escales, quoi !
Après, comme il était un peu fatigué, je l'ai raccompagné au club. Walter et les
autres sont venus me féliciter. Ils ont rien compris. C'est Charlie Roméo le héros.
Mais ça, faut que ça reste entre nous ...
Pourtant, pour être tout à fait honnête, je me demande si Walter
n'y est pas pour quelque chose. Tant qu'on y est, je suis même arrivé à me poser la
question de savoir si le club, lui-même, n'est pas un peu complice de tout ça.
52 balais !!! Est-ce bien raisonnable ? J'espère que non et
c'est pour cela qu'il faut que ça dure ...
Ils l'on fait : ils m'ont lâché
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Patrick Tanguy
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