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2003
La situation inhabituelle vécue par un pratiquant peut être analysée de
diverses manières. Assez souvent, elle donne lieu à des discussions
interminables autour du bar de l'aéroclub. Il apparaît parfois que tout le monde
a raison même si les avis divergent. En effet, en matière aéronautique, les
mêmes faits soumis à des analyses distinctes peuvent conduire à des conclusions
différentes.
Un exemple ? Un pilote atterrit en VFR de jour à 17 h 44 sur un aérodrome
pour lequel le soleil se couche à 17 h 30. Cet événement anodin peut être
parfaitement caractérisé puis analysé de deux manières différentes.
La première appelle d'abord la consultation des textes officiels se
rapportant à l'événement. Il s'agit ensuite de déterminer si les
caractéristiques de l'événement correspondent au contenu des textes.
Généralement, ce procédé simple se base sur des formulations précises, sur des
valeurs mesurables. La conclusion établit de manière indiscutable si la
situation est autorisée ou non. L'étude de la réglementation donne lieu à
beaucoup d'articles, de questions d'examen théorique, de conseils, etc.

L'autre analyse consiste à répondre à la question : un tel atterrissage
est-il sûr ou bien dangereux ? Avant de se prononcer, chacun voudra probablement
obtenir des renseignements complémentaires : état du ciel, luminosité, aspect du
relief environnant, etc. Ces éléments ne sont généralement pas traduits par des
valeurs mesurables, mais par des appréciations, des estimations, qui peuvent
varier d'une personne à l'autre. D'autres informations aussi importantes telles
que les capacités du pilote, ses compétences, son expérience
soulèveront encore
plus d'interrogations embarrassantes. Quand peut-on dire qu'un pilote est
expérimenté ? Ses pratiques antérieures sont-elles utiles pour la situation
présente ? Dans quelles circonstances a-t-il acquis son expérience ? etc. C'est
l'élément humain, probablement le plus complexe de tous les facteurs intervenant
dans le système aéronautique, qui est ainsi évalué sans qu'il puisse être
associé à des grandeurs calculables ou chiffrables. Il apparaît en conséquence
qu'il est bien difficile de déterminer si une situation est sûre ou bien
dangereuse. Pourtant, l'amélioration de la sécurité dans le monde aéronautique
passe par des questions de ce type et des tentatives de réponses objectives. Le
jugement, la prise de décision s'exercent donc dans un domaine flou encadré par
une réglementation précise.

Certes, chacun peut alimenter sa réflexion à partir de sa propre expérience.
Par ailleurs, il est aussi possible de raisonner à partir de situations
inhabituelles vécues par d'autres personnes et relatées en détail. C'est le
principe du REC : une personne envoie un compte rendu. Celui-ci est mis en
forme, puis diffusé par écrit au sein de la communauté aéronautique. Chacun peut
ainsi entraîner son propre jugement.
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1. Une approche IFR permise
" Mon passager également pilote et moi-même arrivons de nuit en IFR
vers notre destination après environ trois heures de vol. Les conditions
réglementaires pour entreprendre le vol comme pour le poursuivre sont
vérifiées (météo la plus défavorable pour l'aérodrome de destination et
pour les deux aérodromes de dégagement retenus : visibilité 4 000 m,
nuages fragmentés à 400 pieds).
Quelques minutes avant d'atteindre la balise d'arrivée (repère
d'approche initiale, IAF), le contrôleur annonce une panne totale de
balisage et l'intervention des personnels de maintenance sous 20 à 30
minutes. A bord, nous préparons les trajectoires de dégagement et
déterminons une durée d'attente maximum de 20 minutes.
Au premier tour d'attente sur la balise d'arrivée, nous observons de
légers bancs brumeux masquant par endroit les lumières au sol. La lumière
de la lune provoque des voiles blanchâtres sur la campagne. Les conditions
météorologiques obtenues par l'écoute des ATIS des trois aérodromes sont
toujours supérieures aux minima fixés. Après quinze minutes d'attente, le
balisage restant en panne, nous demandons une clairance de dégagement vers
le premier aérodrome. Cinq minutes plus tard, le contrôleur nous répond
que sur cet aérodrome, la météo se dégrade rapidement. Au bout de trois
minutes supplémentaires, nous obtenons une clairance pour rejoindre le
deuxième aérodrome de dégagement, en même temps que l'indication d'une
remise en service du balisage sur notre aérodrome de destination. Comme
depuis l'avion nous pouvons voir les installations éclairées, nous
décidons d'effectuer une approche directe aux instruments pour atterrir
selon notre projet initial.
Alors que nous passons une hauteur de cinq cents pieds en finale, le
contrôleur nous informe que le personnel du service d'entretien signale la
formation de bancs de brouillard. La piste étant entièrement visible, je
poursuis l'approche avec une vigilance accrue, mon passager surveillant
également toute dégradation de visibilité. En début d'arrondi, il me
semble déceler une légère diminution de visibilité (correspondant encore à
6 ou 7 balises). Pendant la décélération, la visibilité se réduit soudain.
Je parviens néanmoins à arrêter l'avion sur l'axe de la piste.
Lorsque je dégage la piste, il me semble que la balisage est
partiellement en panne, comme si l'éclairage passait localement de haute
intensité à basse intensité.
La décision d'attendre la réparation du balisage était-elle adaptée ?
J'ai notablement entamé les réserves de carburant, j'ai atterri avec une
faible visibilité et un balisage peu fiable. Est-ce que la présence de
notre voiture sur l'aérodrome de destination a entaché notre faculté de
jugement ? "
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1.
Brume
2.
Brume
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2. La phraséologie est gravée dans le marbre mais son interprétation
peut parfois surprendre
" L'aérodrome sur lequel s'est produit l'événement est constitué par
une longue piste en dur, en pente légèrement montante vers le nord et
desservie par un unique taxiway médian.

Arrivé en avion tôt le matin sur cet aérodrome, je repars vers 15 h 00,
en pleine chaleur, après une grosse demi-journée de travail. Comme indiqué
sur la carte VAC, j'effectue les essais moteur avant de m'engager sur le
taxiway. A ce moment-là, j'entends les messages échangés en anglais entre
la tour de contrôle et un biréacteur à l'arrivée. Lorsque je suis prêt au
départ, le contrôleur me demande de "remonter la piste, de m'aligner et
d'attendre". Je m'engage sur le taxiway. Du verbe "remonter", je ne
comprends alors que le signification liée à la topographie et je réalise
que je devrai croiser le biréacteur sur la piste. Il y a quelque chose que
je ne comprends pas et je serre mon avion sur le bord du taxiway. Le
contrôleur comprend alors ma méprise et me demande de rouler sur la piste
face au sud. Je m'aligne et, une fois autorisé, je décolle sans autre
difficulté.
J'avais effectué ma formation sur un terrain dont les deux extrémités
de piste sont desservies par un taxiway parallèle. Je n'avais jamais été
confronté à une telle singularité. A l'arrivée sur l'aérodrome qui m'était
étranger, je n'avais rien remarqué car la distance d'atterrissage me
permettait de contrôler la vitesse de mon avion avant d'atteindre
l'embranchement du taxiway. Au départ, attentif aux actions préliminaires
au vol, je n'avais pas remarqué que le biréacteur avait utilisé le même
QFU que moi et qu'il avait effectué un demi tour sur la raquette en bout
de piste pour revenir vers le taxiway. Le croisement sur le taxiway était
impossible ". |
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" Lors d'un voyage dans le sud de la France, je suis amené à transiter
dans une région où les espaces aériens de classe D et les zones
réglementées ont des limites communes et sont gérés par des organismes
différents.
Je transite dans la première zone en affichant le code
7002, comme demandé. J'anticipe de quelques minutes l'appel pour l'espace
D suivant. Le contrôleur me répond en me demandant d'afficher "soixante
quatre vingt deux" au transpondeur, et je collationne soigneusement cette
instruction. Quelques dizaines de secondes plus tard, le contrôleur
m'indique : "je ne vous vois pas".
Je lui réponds : "Il n'y avait pas de problème avec
l'organisme précédent, mais je ne parviens pas à afficher le code que vous
me demandez".
Après quelques messages échangés, je comprends qu'est
attendu de ma part l'affichage de 6422, alors que je m'évertuais à
afficher 6082, en vain puisque le chiffre 8 n'existe pas pour un
transpondeur.
Les pilotes chevronnés qui écoutaient la fréquence ont dû trouver notre
conversation étrange." |
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3. Le danger vient de l'avion qu'on ne connaît
pas
" Nous étions en vol de double commande maniabilité dans un secteur où
l'espace est de classe G du sol à 1 500 pieds QNH et de classe D
au-dessus. Ce secteur est situé près d'une CTR de classe D où le trafic
VFR et IFR est important. Le thème de la leçon était le vol moteur réduit,
avec visualisation des angles de plané, simulation d'atterrissage
forcé en campagne, etc.
Nous étions en contact radio et radar avec l'aérodrome dont le
contrôleur savait que seul l'alticodeur de mon transpondeur était en
panne. Nous effectuions un exercice de prise de terrain en plané entre 2
500 et 700 pieds. Pendant la descente, le stagiaire remarqua un autre
monomoteur à aile haute qui passait très près à notre gauche, à une
trentaine de mètres au-dessous de notre appareil.
L'événement s'est produit au moment où le contrôleur terminait un
message d'information de trafic à notre intention : " à vos midi, moins
d'un nautique, trafic opposé à 1 300 pieds ".
Auparavant, nous avions déjà reçu une première information de trafic
concernant ce même avion évoluant dans le même secteur. Le pilote
demandait et recevait des QDM pour rejoindre l'aérodrome. Nous l'avions
aperçu, puis nous l'avions observé s'éloignant vers la CTR D. Il ne nous
semblait plus présenter de danger. Peu d'avions étaient sur la même
fréquence à ce moment-là. Le QNH était proche de 1013 hPa. " |
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4. Des circuits
différents pour une même piste
" Instructeur dans une école de pilotage, je voudrais signaler un
événement qui s'est produit pendant une séance de formation vers 14 h 00
locales. J'évalue les conditions météorologiques : visibilité 5 000 m,
base des nuages vers 5 000 pieds.
En provenance du sud vers un aérodrome non contrôlé, l'organisme AFIS
est fermé. Un pilote d'avion largueur de parachutistes diffuse ses
messages en auto-information et indique que la piste 13 est en service.
Comme lui, nous annonçons notre position et nos intentions par radio. Nous
rejoignons la branche vent arrière main gauche pendant que l'avion
largueur, en descente, s'intègre en vent arrière main droite pour la même
piste en service. Les deux avions arrivent en étape de base en même temps,
mais les occupants de chacun des aéronefs indiquent qu'ils ne voient pas
l'autre trafic. Se rapprochant du dernier virage, nous détectons
visuellement l'avion largueur, nous estimons pouvoir passer en numéro un
et nous présentons notre appareil en finale pour un toucher-décoller.
La clarté du soleil nous gênait pour détecter visuellement la position
exacte de l'autre trafic.
La carte VAC mentionne : "Circuit ACFT largueurs parachutistes au SW."
Les sens des virages pour les circuits d'aérodrome sont également
différentiés pour les avions largueurs parachutistes et pour les autres
avions. " |
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5. Incertitude sur l'état du train
d'atterrissage
" A bord de mon ultra léger trois axes équipé d'une radio, j'envisage
d'effectuer un vol local au départ de la plate-forme ULM sur laquelle je
suis basé. Pour le décollage, j'estime le vent traversier de 10 à 15
kt.
Peu de temps après la rotation, une rafale de vent déstabilise mon
appareil et provoque le contact avec le sol. Je parviens à éviter un trou
dangereux, mais la roue avant droite heurte violemment un tas pierres.
Je réussis à maintenir l'appareil en l'air, mais j'ignore l'état du
train d'atterrissage. Je décide alors d'atterrir sur un aérodrome voisin.
Il est équipé d'une piste en herbe de grande dimension. Il y a
probablement du monde pour me porter secours pour le cas où l'avarie au
train d'atterrissage serait majeure.
Je parviens à atterrir sans encombre. Je constate que la roue droite
est déformée.
Depuis une dizaine d'années, l'amélioration de l'état du sol près de
l'axe de décollage était autorisée par le propriétaire, mais bien des
utilisateurs de la plate-forme portaient peu d'intérêt au creux et aux
cailloux vers le bout de la piste. " |
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le but poursuivi soit la prévention des accidents et que l'origine de
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Un courrier électronique peut être envoyé au REC à l'adresse : rec@bea-fr.org
Le REC a été créé en concertation avec le SFACT, la FNA, la FFVV, la
FFPLUM, l'ANPI, l'AOPA, le SNIPAG, le GFH-SNEH, France Voltige ainsi que
divers regroupements de pilotes professionnels de l'aviation générale.
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