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1 /
2003
Le "retour d'expérience" est parfois considéré comme la "mutualisation des
compétences". Si la première expression évoque le schéma d'une boucle de
transfert d'information, l'autre, suggérant une activité collective, appelle au
moins deux notions intéressantes à préciser.
La première notion se rapporte à l'idée de solidarité et d'entraide. Chacun
de nous peut être victime d'un accident. Même si les accidents surviennent
isolément, ils éprouvent la communauté à laquelle nous appartenons. En
améliorant notre propre sécurité, nous faisons progresser la prévention des
accidents pour l'ensemble. Ainsi, en plus de bénéficier à nous-même, notre
action se destine à chaque membre du groupe.
La mise en commun et l'échange constituent la deuxième notion. La
connaissance acquise par la pratique de l'un est transmise à tous. En échange,
chacun peut bénéficier de la totalité des connaissances apportées par
l'ensemble.
De la sorte, la mutualisation des
compétences ne consiste pas seulement en une simple circulation d'expériences
entre plusieurs acteurs. L'événement initial vécu par un acteur devient
finalement une source d'inspiration pour le lecteur lorsque, confronté à une
situation apparentée, il doit agir efficacement. Dans cet échange
d'informations, plusieurs étapes peuvent être distinguées :
- l'événement est vécu par un acteur dans un contexte particulier,
- l'acteur traduit cet événement en rédigeant son compte rendu puis en
précisant des détails par téléphone,
- son récit est mis en forme en mettant en valeur des éléments pertinents
généralisables, en identifiant des liens possibles avec des situations
apparentées, en énonçant des connaissances complémentaires, en explicitant des
thèmes pouvant constituer des ressources ultérieures pour le lecteur,
- le lecteur s'approprie le récit et en retient des renseignements pratiques
réutilisables dans des contextes plus ou moins semblables.
Ainsi, les systèmes de retour d'expérience mettent à la disposition de tous
la connaissance acquise par chacun, l'enrichissent et constituent un secours
étendu. Il place chacun d'entre nous dans une démarche mutuelle pour la
prévention des accidents. C'est la raison d'être du REC au seuil de sa troisième
année d'existence comme au jour de sa mise en oeuvre.
Nota :
- La précédente publication de REC info portait le numéro 9 / 2002.
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1. Hélice en croix en finale
« A bord d'un avion biplace (moteur Continental O 200, carburant
100 LL), nous terminons les trente minutes d'un vol de rafraîchissement
voltige incluant surtout des mises en garde. En place droite est installé
un instructeur spécialiste de voltige mais peu familier de la conduite des
moteurs à carburateur. Nous arrivons en fin de dernier virage, les
check-lists effectuées, avec les volets braqués à 10°, une vitesse de 60 à
65 kt et une puissance de l'ordre de 1 600 tours par minute.
Je constate qu'un vent traversier de 15 kt m'oblige à une correction
importante de la dérive. Pour faciliter une éventuelle remise des gaz, il
me semble qu'il serait bon de repousser le réchauffage carburateur dès
maintenant, ce que je fais. Cinq ou six secondes plus tard, l'avion passe
sous le plan avec une vitesse en diminution. Je veux rajouter un peu de
puissance, mais des ratés moteur surgissent et l'hélice s'arrête.
L'instructeur reprend les commandes pour éviter le toit d'un bâtiment. Les
roues touchent le sol une vingtaine de mètres avant le début de la bande
bitumée. Au sol, le moteur redémarre sans problème.
Les données météorologiques au sol étaient :
Température - 0,5 °C, humidité 85 %, visibilité
supérieure à 10 km. »
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2. C'est en cas de panne électrique que le pilote a besoin de
lumières
« Je suis propriétaire de mon avion CNRA construit à partir d'un
kit.
Au cours de la traversée d'un espace aérien contrôlé de classe D, le
contrôleur m'annonce qu'il n'observe pas sur son écran mon code
transpondeur. Quelques minutes après, un contrôleur militaire m'informe de
la même anomalie. Un peu plus tard encore, c'est mon tachymètre qui tombe
en panne. Cette succession d'événements me conduit à suspecter une
défaillance de l'alternateur, conjuguée à une panne du voyant lumineux de
décharge batterie. Il n'y a pas de galvanomètre de contrôle ni de bouton
"push to test".
L'allumage du moteur est réalisé par une génération autonome. Je coupe
tous les équipements électriques non indispensables et je réalise un
rapide bilan : je risque de perdre la radio, les volets et le
compensateur électrique. Je décide alors de me dérouter sur un aérodrome
muni d'une piste en dur de longueur importante et sur lequel je peux
rencontrer âme qui vive.
Au bout de trois minutes, l'affichage des fréquences radio clignote. La
panne électrique totale est maintenant confirmée. J'éteins la radio et je
passe au-dessous des zones pour lesquels le contact est obligatoire.
Deux minutes avant d'arriver sur mon aérodrome de déroutement, je mets
en service la radio sur la fréquence de cet aérodrome. J'ai juste le temps
d'entendre le QFU en service avant que mon avion devienne sourd et muet.
J'effectue une verticale installation et je me place derrière un trafic en
vent arrière. En finale, je maintiens une vitesse de 150 km/h (vitesse de
décrochage 115 km/h dans cette configuration). J'évite de creuser le plan
et de trop cabrer à l'arrondi.
La piste longue de 1 600 m est largement suffisante même si j'évite
d'utiliser les freins, la commande par câble étant peu fiable et risquant
de créer une dissymétrie. Alors que mon avion atterrit généralement sur
250 m, il me faut au moins 750 m cette fois ci. Le service AFIS est fermé
sur cet aérodrome et la radio n'y est pas obligatoire.
Au sol, le régulateur de tension est trouvé détérioré.
Depuis cet événement, j'emporte toujours en vol un petit
émetteur-récepteur radio portatif. » |
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- conserve naturellement le préaffichage
d'assiette connu,
- veut conserver la vue du point d'aboutissement,
- alors, il creuse le plan.
- la pente devient plus faible,
- la vitesse diminue (risque de perte de
contrôle),
- l'assiette devient très cabrée (perte de repères
visuels),
- l'avion vole près du sol (risque de collision
avec des obstacles).
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3. Des volets récalcitrants
« Pendant un vol local, je montrais à mon élève l'utilisation des
volets à différents braquages. C'est alors que j'ai eu la surprise de les
voir se bloquer en position plein sortis (40°). Après vérification de
l'interrupteur, de la batterie et des fusibles, il devenait clair que nous
n'arriverions plus à les rentrer.
Sans tarder, nous sommes revenus vers notre aérodrome de rattachement
disposant d'une longue piste en dur mais entouré de relief. C'est pourquoi
nous prévenons le contrôleur AFIS qu'une éventuelle interruption de
l'approche serait impossible. En effet, notre avion vole très bien avec
les volets plein sortis, mais le moteur relativement peu puissant l'entraînerait péniblement sur une
trajectoire montante avec une telle traînée
Un autre avion dans le circuit nous ayant laissé passer, nous avons
atterri normalement.
Un micro contact arrête la remontée des volets vers la position
"rentré" quand ils arrivent en butée haute. Alors qu'il devait être fermé,
il était resté bloqué ouvert et coupait l'alimentation du moteur
électrique dans le sens de la rentrée des volets.
La panne de sortie des
volets est souvent étudiée, notamment pour la préparation des examens en
vol. Je n'avais jamais envisagé la panne inverse. Depuis, j'insiste dans
mes actions de formation sur :
- la vérification de la position des volets avant de remettre la
puissance de décollage lors de touch and go,
- la réalisation de l'atterrissage et notamment sur ce modèle d'avion
le braquage des volets à 40° seulement si le pilote est certain du
franchissement du relief. »
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4. Interruption de l'approche ou 360 en finale !
« Un aérodrome contrôlé en espace aérien de classe D est équipé
d'une piste principale et d'une piste secondaire, plus courte, sécante et
quasiment perpendiculaire. Alors que la première est toujours utilisée
pour une cinquantaine de mouvements de transport public par jour, les
aéronefs d'aviation générale utilisent les deux bandes (principale et
secondaire), les QFU étant choisis principalement selon l'orientation et
la force du vent.
Un jour, j'accompagnais un stagiaire en double commande. La piste
principale était en service pour les vols commerciaux et la piste
secondaire pour les avions légers. Alors que, stabilisé en configuration
atterrissage (volets pleins sortis), je passais une hauteur de 300 pieds
en finale, le contrôleur me demanda d'effectuer un 360 de retardement pour
laisser la priorité à un atterrissage en piste principale. J'indiquais
alors à mon stagiaire que je reprenais les commandes pour interrompre
rapidement l'approche et virer vers une fin de vent arrière 500 pieds sans
couper les axes de la piste principale. Mon stagiaire fut surpris de cette
décision. En effet, il avait écouté des pilotes et même des élèves seuls à
bord raconter la réalisation d'un 360 en finale.
Voici quelques arguments
qui plaident en défaveur d'une telle manoeuvre :
- Une hauteur de 300 pieds est insuffisante pour une réalisation sûre.
- La configuration atterrissage et la vitesse retenue (1,3 x Vso) sont
inadaptées.
- Les actions de pilotage, corrections d'assiette et de puissance sont
inhabituelles pour le pilote.
- La trajectoire peut conduire à provoquer des nuisances sonores.
- La charge de travail, déjà importante en finale, est encore
augmentée.
- En fin de virage, la récupération de l'axe est incertaine en raison
du vent, et la hauteur est insuffisante pour stabiliser à nouveau
l'avion avant l'atterrissage.
- Dans certains cas, peut y avoir interaction avec une turbulence de
sillage. »
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Ce document est destiné à être reproduit, diffusé, affiché. Des
extraits peuvent être utilisés dans d'autres publications à condition que
le but poursuivi soit la prévention des accidents et que l'origine de
l'extrait soit précisée.
Un courrier électronique peut être envoyé au REC à l'adresse : rec@bea-fr.org
Le REC a été créé en concertation avec le SFACT, la FNA, la FFVV, la
FFPLUM, l'ANPI, l'AOPA, le SNIPAG, le GFH-SNEH, France Voltige ainsi que
divers regroupements de pilotes professionnels de l'aviation générale.
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