Pourtant que la montagne est belle
.
Dès quon passe, plus loin, plus haut, les collines, les montagnettes au-delà du
Salagou, après le Pic saint loup, le terrain dUzès ou louest
dAvignon
que lon soit montpelliérain de souche ou dadoption, on se
sent un peu perdu, y a plus la côte! Tas un G.P.S. ?
Dès quon monte un peu ou beaucoup, on se sent un peu seul (même à plusieurs),
comme au milieu de la mer, sans défense, sans repère, puis peu à peu avec dautres
repères, dautres obstacles, dautres visibilités, plus fortes, plus grandes,
plus impressionnantes aussi
Les pics émergeant des nuages comme un cadeau, les montagnes lointaines comme des dieux
qui se font soudain guides, des villages blottis au fond des vallées nous rappelant le
grandiose de la terre et la petitesse de lavion
On apprend (un peu, beaucoup
) à regarder davantage, il ny a plus les voies
ferrées quon peut suivre, ni les cours deau larges comme des
autoroutes
parfois juste un lac
mais il y a tant de grandeur à voler au-dessus
des montagnes et autour delles
Si vous saviez par exemple le plaisir de découvrir les vaches derrière la vent arrière,
lauberge (très) rustique au sommet de la colline, une immense cheminée fleurant
bon les cendres encore chaudes, le doux plaisir de fouler lherbe verte, de
contempler alentour les vallons et les monts, de humer le rustique parfum des bouses
dispersées sur, sous, et autour de lavion
!!!
Comment devant tant de bonheur ne pas se sentir comblé(e) par tant de chance de pouvoir y
voler
encore et encore
Martine Levain
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